Accroître La biodiversité de son jardin

Laissons nous guider par notre capacité d'émerveillement.

Lors des dernières décennies on a assisté à un effondrement sans précédent de la biodiversité. On nous prédit aujourd’hui une sixième extinction de masse concernant toutes les espèces vivantes. Je crains que certaines de mes observations d’adolescent fassent malheureusement déjà partie d’un monde qui a partiellement disparu. Pourtant tout n’est pas perdu, la nature a des capacités de résilience insoupçonnées. Il existe encore quelques lieux de nature bien préservés. Si on décidait rapidement de les répertorier, de les protéger et de les développer on pourrait constituer des petites « réserves » de biodiversité qui pourraient s’étendre ensuite à condition qu’il y ait une réelle prise de conscience de la gravité de la situation et que l’ensemble des activités humaines évoluent vite pour véritablement inverser la tendance. Compte tenu de l’urgence, toute action allant dans ce sens, même sur de petits espaces, a son importance. C’est là que l’idée de redonner une place de plus en plus grande au vivant dans notre propre jardin prend tout son sens.

Faites l'inventaire du vivant de votre jardin et vous ne pourrez plus y intervenir sans penser à ce que vous allez détruire ou au contraire épargner.

De quoi parle-t-on ?

La biodiversité désigne l’ensemble du vivant de notre planète, des bactéries aux grands mammifères, les arbres et l’ensemble du monde végétal. Elle englobe à la fois la diversité génétique et la diversité des écosystèmes.

Quelques données du Muséum National d’Histoire Naturelle :

  • Environ 2 millions d’espèces inventoriées, on estime qu’il en existe 8 à 20 millions.
  • Les insectes représentent le ¾ des espèces animales.
  • La taille moyenne d’un être vivant sur Terre est celle d’une bactérie.
  • L’espèce animale la plus abondante sur Terre serait la petite crevette du krill (estimation à 200 000 milliards d’individus).
  • Les vers de terre, les fourmis ou encore la microfaune rivalisent avec ce classement.

Il est totalement utopique de prétendre pouvoir recenser l’intégralité du vivant sur Terre. La vie sur Terre est tellement vaste et complexe que même les spécialistes du domaine ont seulement réussi à identifier qu’une petite partie des espèces existantes. Cela signifie qu’on ne sait en réalité pas vraiment de quoi on parle lorsqu’on aborde le sujet de la biodiversité. Même si ça n’est pas la qualité première qui nous caractérise, on devrait faire preuve de beaucoup d’humilité sur cette question. On se positionne pourtant le plus souvent comme sachant ayant une grande maitrise du sujet en se permettant même parfois de s’interroger sur l’utilité de telle ou telle espèce. La biodiversité n’est pas une notion utilitaire dont il faudrait justifier l’existence, on ne doit pas se demander si une espèce est utile mais simplement admettre qu’elle contribue à l’équilibre global de la vie sur Terre très certainement depuis des millions d’années, en tous les cas bien avant l’apparition sur Terre de l’être humain.

Doit-on se demander si cet oedémère noble a une utilité ?

Comment peut-on protéger quelque chose dont on ignore même l’existence ?

Près de 90 000 espèces vivantes sont actuellement recensées en métropole par le Muséum National d’Histoire Naturelle. Je pense que lorsque je vous aurai énuméré 200 espèces vivantes que je suis capable d’identifier dans la nature je ne devrais pas être très loin de la limite de mes connaissances. Je suis pourtant passionné par la faune et la flore sauvages mais je dois me rendre à l’évidence, je suis finalement plutôt ignorant du domaine J’en conclue qu’on commet certainement une erreur fondamentale dans l’approche du problème de préservation de la biodiversité. On concentre le plus souvent nos actions sur quelques d’espèces connues qui ne constituent en réalité que la petite partie émergée d’un vaste monde inconnu. On va par exemple installer des nids pour accueillir les hirondelles au printemps, c’est très bien en termes de sensibilisation mais pour quel résultat concret si ces dernières éprouvent les plus grandes difficultés à trouver des insectes pour simplement se nourrir. Notre bonne action n’aura en réalité pratiquement aucun impact pour freiner l’effondrement des populations de cette espèce. Selon moi la clé pour répondre à l’urgence et être réellement efficace réside dans la volonté de se préoccuper non pas de quelques espèces mais des écosystèmes dans leur globalité. Les actions de préservation consisteront en priorité à identifier les écosystèmes en danger et à créer ensuite les conditions pour permettre à la nature d’effectuer elle-même le travail de restauration. Les espèces menacées y retrouveront alors progressivement et naturellement les ressources pour renaitre.

Un célèbre botaniste français a dit «vous aimez la nature, foutez-lui la paix».

Ce Cryptophale est tellement petit qu'il est pratiquement invisible sur son brin d'herbe. il peut nous paraitre insignifiant et inutile.

La part du colibri

Je me suis longtemps demandé comment je pouvais au mieux mettre mes connaissances de la nature au service de l’environnement sans être celui qui explique aux autres ce qu’ils doivent faire. Je crois en la valeur de l’exemple et je me suis dit que je pourrai tout simplement commencer par réaliser chez moi ma part de ce grand défi commun, « la part du colibri ». J’ai la chance, comme des millions de Français, d’être propriétaire d’un jardin. Cet espace privé ne représente qu’une infime partie de la surface de mon département (0.000015% environ) mais sur ce petit coin de terre je suis totalement libre ou presque. Je peux en tous les cas y créer sans contraintes les conditions favorables au développement de la biodiversité. Imaginons une seconde que ces millions de jardins privés se transforment progressivement pour redevenir de véritables sanctuaires naturels où le vivant retrouve toute sa place.

J’ai commencé par observer un grand nombre de jardins et constaté que la plupart n’étaient pas conçus pour accueillir une biodiversité très riche. Les espaces verts sont de plus en plus exclus des jardins modernes pour des raisons esthétiques ou tout simplement pour en faciliter l’entretien. Une artificialisation du sol par la création de grandes allées gravillonnées ou bitumées, de belles terrasses et des parterres recouverts de « paillages » artificiels sans la moindre plante sauvages. La pelouse quand elle existe ne tolère aucune herbe ou fleur naturelle. Les seuls végétaux acceptés sont bien souvent quelques des petits oliviers ou autres arbustes en souffrance dans de jolis pots très design. La plupart du temps ces jardins sont en plus totalement clos et ne laissent aucune possibilité aux petits animaux comme le hérisson de les visiter. Il est pour le moins paradoxal de vouloir s’approprier un petit coin de Terre pour ensuite s’évertuer à en exclure la nature ou plus exactement ne rien faire pour qu’elle puisse s’exprimer.

Il y a déjà quelques années, j’ai décidé de modifier en douceur mon jardin pour accueillir plus d’oiseaux, plus d’insectes et de permettre aux hérissons, aux écureuils et autres petits animaux de reprendre possession des lieux. Le jardin doit rester un lieu d’agrément pas toujours compatible avec une nature que l’on laisserait totalement s’exprimer. On ne passe pas du jour au lendemain du « green de golf» au « jardin punk ». Pour que le projet s’inscrive dans la durée, il est important d’y aller en douceur. Il faut bien réfléchir aux conséquences de chaque action pour ne pas se tromper et que le jardin s’enrichisse progressivement tout en restant un lieu agréable à vivre. C’est toujours une question d’équilibre qu’il faut trouver entre l’objectif qu’on se donne en termes de développement et la maitrise qu’on souhaite conserver.

Ma maison se situe à proximité d’un petit vallon qui est un de ces lieux de nature encore bien préservé. Ces lieux existent un peu partout et les jardins des environs peuvent et doivent être des extensions de ces écrins de biodiversité.

Quelqu’un a dit « notre vie est plus riche si on laisse la nature y entrer ».

Impressionnant développement de marguerites dans un secteur de pelouse laissé libre.

La création du site web

J’ai créé ce site pour partager mon expérience et mes observations mais surtout pour démontrer que sur un espace aussi petit qu’un jardin on peut observer une quantité incroyable d’insectes, de fleurs sauvages, d’oiseaux et bien d’autres petits animaux à condition d’y créer des conditions favorables. En quelques années seulement on peut parvenir à créer un écosystème équilibré. La nécessité d’obtenir des images pour illustrer le site a certainement aussi contribué à affiner mes observations. Ce qui m’a le plus surpris depuis le début de ce projet c’est de constater que de petites actions et quelques changements de pratiques suffisent déjà à faire apparaitre toute une diversité de vie. Ce constat est très encourageant pour l’avenir et démontre qu’on peut aussi agir à titre individuel.

Les photos présentes sur le site

Il m’a semblé important que les photos utilisées pour illustrer le site soient exclusivement prises dans mon jardin, ceci pour une plus grande crédibilité et aussi pour démontrer que sur un espace aussi petit qu'un jardin il est possible de faire apparaitre toute une diversité de vie animale et végétale. Il y a pourtant quelques photos présentes sur le site qui ne proviennent pas de mon jardin. Elles sont encadrées en rouge et servent, comme sur cette page, à illustrer un propos, une situation particulière ou une observation que je n’ai pas encore eu la chance de pouvoir photographier.

Le vallon du Bouëtiez situé à proximité de mon domicile est l'un de ces espaces de nature encore relativement bien préservés.